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Interview du président des EPV par Liberté Politique

Étudiants pour la vie : "Un combat gagné d'avance"

benjiBenjamin Izarn est responsable des Etudiants Pro-Vie — dits EPV — mouvement de jeunes étudiants engagés, se battant en faveur d'une politique « pro-life ». Trente-cinq ans après la loi Veil, il existe encore de farouches opposants à la culture de mort. La tendance a changé. Elle a même évolué. Comprenant que le « droit à avorter » est bien gravé dans les gènes des Français, le combat des EPV est sain, réfléchi et intelligent. Proposant des alternatives à l'avortement. Ainsi, sensibilisant un maximum de relais utiles et influents pour remettre la vie humaine au centre des préoccupations de nos compatriotes. Propos recueillis par Adrien Meaudre.

Benjamin, présente-nous en quelques mots les EPV : genèse, but, actions aujourd'hui ? Concrètement, comment les EPV comptent-ils faire passer leur message ? Comment êtes-vous organisés à travers la France ?

Les Etudiants Pro-Vie ont été créés en juillet 2009 à l’initiative d’un groupe d’amis voulant contribuer à leur échelle au rayonnement de la culture de Vie. Aujourd’hui, ce mouvement aconfessionnel et apolitique est présent dans une douzaine de villes françaises, ces équipes locales mènent des actions de sensibilisation (collages, tractages, happenings, rencontre avec des élus…), formation de la jeunesse quant à la défense de la dignité de la personne humaine dès sa conception, soutien aux femmes enceintes en difficulté (via une antenne téléphonique de soutien gérée par Choisir la Vie et une collaboration étroite avec des maisons d’accueil de futures mères)…

Trente-cinq ans après son adoption, la loi Veil est intégrée pour une majorité de Français comme une libération, les mentalités n'ont fait qu'évoluer à sens inverse de ce que les EPV promeuvent... Qu'est-ce qui vous donne espoir aujourd'hui ?

Nous sommes remplis d’espoir ! Qui n’a pas été étonné par le fait qu’en quelques mois seulement les EPV — partis de rien — rassemblent 12 équipes et 300 membres actifs, plusieurs milliers d'étudiants intéressés et de soutiens... Notre combat est gagné d’avance : que pourra en effet faire la culture de mort contre une jeunesse unie et joyeuse ?

enmarcheDe plus en plus de personnes tentent à leur manière de pourfendre le système du « tout-avortement correct », cette prison mentale qui va pousser un ministre de la Santé à considérer l’avortement comme « une composante obligatoire de l’offre de santé », à doubler le forfait-avortement le passant ainsi à 625 € (alors que le tarif de convention d’un accouchement durant en moyenne 13 h — contre 20 minutes pour une IVG — est de 312,50 € !), un Conseil régional à subventionner la campagne de pub des lobbys pro-avortement — 300 000 € dépensés chaque année par le Conseil régional d’Ile-de-France pour la campagne « Un droit, mon choix, notre liberté » …— sans jamais chercher à répondre à la détresse de femmes qui souvent voudraient garder leurs enfants et réclament des aides pour s’en sortir, sans jamais tenter de responsabiliser les futurs pères quant à l’importance de leur rôle.

Nombreux sont les associations, mouvements pro-vie, je pense particulièrement à l'Alliance pour les Droits de la Vie, Marche pour la Vie... Pourquoi ne pas travailler directement avec elles ? Sinon, qu'est-ce qui vous différencie de ces associations ?

L’objectif des EPV n’est pas d’entrer en concurrence avec d’autres associations, mais au contraire d’unifier les défenseurs de la Vie ! Les EPV ne se sont pas fait tous seuls : sans le travail magnifique organisé depuis des années par des associations pro-vie, il est peu probable que tant de jeunes se soient décidés à s’engager pour protéger l’enfant à naître. Nous sommes de plus membres du collectif « En marche pour la Vie » qui organise chaque année le grand rassemblement des partisans du respect de la dignité de la personne humaine dès le commencement de sa vie, ainsi que du Comité de soutien de l’association « Oui à la Vie » qui organise la marche pour la Vie de Bordeaux le 29 mai 2010. L’expérience montre que le mouvement « Students for Life » a été un vecteur incroyable de culture de Vie : aux Etats-Unis par exemple, chaque campus comporte son groupe EPV !

Le "droit à l'avortement" est intégré dans les gènes des Français. Comment atteindre les objectifs que vous vous fixez en vous adressant à des individus qui ne se posent même pas la question de l'avortement ?

Selon le sondage IFOP-ADV, 85% des femmes se disent en effet favorables au droit à l’avortement. On pourrait penser notre cause vaine, inutile et passéiste… mais il n’est en rien. Nous menons un combat d’avant-garde dicté par un amour profond pour la Vie, un respect accordé à chaque personne humaine, un cri contre l’injustice qui pousse chaque jour des femmes à commettre un acte traumatisant, sans que la société n’ait voulu leur proposer une autre solution. Ce même sondage énonce d’ailleurs que 60% des femmes pensent que la société devrait davantage aider les femmes à éviter l’IVG, ce que nous nous efforçons d’obtenir.

25720_349594921739_651561739_3511675_3081146_nDernièrement, les journaux espagnols ont relaté une petite manifestation anti-avortement devant l'ambassade d'Espagne à Paris. En quoi ces événements pacifiques peuvent faire adhérer les Français à votre message ?

A l’appel de nos homologues espagnols des « Universitarios por la Vida », nous avions organisé un "die-in" devant l’ambassade d’Espagne avec une quarantaine d’EPV parisiens pour protester contre l’entrée en vigueur d’une loi libéralisant l’avortement, événement bien repris par la presse espagnole. Il est important pour nous de réoccuper l’espace public en multipliant les happenings, actions de rue, c’est un excellent moyen de sensibiliser la population aux problématiques liées à l’accueil de la Vie et leur montrer ainsi qu’une jeunesse dynamique ne laissera plus ses frères et sœurs mourir dans l’abandon et fera tout pour promouvoir de réelles alternatives à l’avortement.

(Source)

 
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Bordeaux - 29.05.2010
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